⚠ Délai impératif : 45 jours pour déclarer la cessation des paiements ⚠ Critical deadline: 45 days to declare insolvency ⚠ Termine imperativo: 45 giorni per dichiarare la cessazione dei pagamenti ⚠ Plazo imperativo: 45 días para declarar la cesación de pagos ⚠ Zorunlu süre: Ödeme acizini bildirmek için 45 gün ⚠ الموعد الإلزامي: 45 يومًا للإعلان عن توقف المدفوعات ⚠ Termen imperativ: 45 de zile pentru a declara încetarea plăților ⚠ لازمی مدت: ادائیگی کی نا اہلی کا اعلان کرنے کے لیے 45 دن ⚠ Zwingliche Frist: 45 Tage zur Erklärung der Zahlungseinstellung ⚠ Prazo imperativo: 45 dias para declarar a cessação de pagamentos⚠ Zwingliche Frist: 45 Tage zur Erklärung der Zahlungseinstellung⚠ Prazo imperativo: 45 dias para declarar a cessação de pagamentos
Stratégie amiable — Art. L626-6 C. com., Art. L626-1 C. com., CCSF, CODEFI, CIRI

Négociation Précontentieuse —
Échelonnement, Remises & Commissions

Avant d'atteindre le stade judiciaire, une zone de manœuvre considérable existe pour restructurer le passif d'une entreprise en difficulté. Chaque catégorie de créancier obéit à une logique et à des règles de négociation distinctes. Une stratégie amiable bien conduite — négociations bilatérales sécurisées, saisines coordonnées des commissions administratives — peut éviter la cessation des paiements et préserver l'activité sans publication au greffe.

I. Cartographie des Créanciers et Logique de Négociation

01

Créanciers Privilégiés Publics —
Impôts & URSSAF

Les créances fiscales (IS, TVA, CET, taxes diverses) et sociales patronales (URSSAF, MSA, Pôle Emploi) bénéficient d'un régime de privilège général sur les meubles (art. 1920 CGI pour le Trésor ; art. L243-4 CSS pour les organismes sociaux). Leur recouvrement forcé est assuré par voie de contrainte et de saisie administrative à tiers détenteur (SATD).

Leviers de négociation spécifiques :
Délais de paiement directs URSSAF : demande auprès du directeur de l'URSSAF compétent — accordés sans publicité, sur présentation d'un plan de trésorerie prévisionnel. Durée : 12 à 24 mois maximum en pratique.
Délais de paiement DGFiP : demande auprès du SIE (Service des Impôts des Entreprises) ou du comptable public. La TVA collectée et les retenues à la source (RAS) ne sont pas éligibles aux remises (art. L626-6 al. 3 C. com. ; instruction fiscale BOI-REC-PREA-10-10).
Remise partielle de majorations et pénalités : accordée à l'issue du plan d'apurement — les pénalités de retard, frais de poursuite et majorations peuvent faire l'objet d'une remise totale ou partielle sur demande expresse formalisée par écrit.
Art. L626-6 C. com. — Remises de dettes publiques
« Dans les conditions fixées par décret en Conseil d'État, les administrations financières de l'État, les organismes de sécurité sociale, les institutions gérant le régime d'assurance chômage prévu à l'article L. 5422-1 du code du travail et les institutions régies par le livre IX du code de la sécurité sociale peuvent consentir des remises de dettes dans des conditions similaires à celles que leur consentiraient, dans des conditions normales de marché, des opérateurs économiques privés placés dans la même situation. »

Inapplicable à la TVA et aux droits d'enregistrement — art. D626-9 C. com.

Art. L626-6 C. com.Art. D626-9TVA exclueMajorations remisables
02

Créanciers Nantis —
Banques & Établissements de Crédit

Les créanciers titulaires d'une sûreté réelle (nantissement de fonds de commerce, gage, hypothèque, nantissement de parts sociales ou d'actions, fiducie-sûreté) occupent une position privilégiée dans l'ordre des paiements. En dehors de toute procédure collective, aucune règle légale ne leur impose de négocier — leur accord résulte d'une décision de gestion.

Leviers de négociation bancaire :
Rééchelonnement de la dette bancaire : demande formelle adressée à la direction du risque de l'établissement, accompagnée d'un plan de continuation chiffré (business plan sur 3 ans, prévisionnel de trésorerie, plan d'action). L'accord doit être formalisé par un avenant écrit au contrat de prêt signé par les deux parties — sans quoi il est inopposable et révocable à tout moment.
Franchise d'amortissement : suspension temporaire des remboursements en capital (maintien des seuls intérêts) pendant 6 à 18 mois — outil le plus fréquemment accordé en premier rang.
Médiation du crédit : dispositif gratuit et confidentiel piloté par la Banque de France (art. L313-12-1 CMF) — le médiateur intervient auprès de l'établissement de crédit dans un délai de 5 jours ouvrés à compter de la saisine. Taux de succès national : 63 % en 2024.
Waiver : accord temporaire de non-exigibilité des clauses de remboursement anticipé (covenants financiers rompus) — à formaliser impérativement par écrit avec délai d'application défini.
Attention : toute promesse verbale d'un banquier est sans valeur juridique. Un accord de rééchelonnement qui n'est pas matérialisé par un avenant écrit signé ne crée aucune obligation pour la banque et ne suspend pas les poursuites (Cass. com., 6 mars 2019, n° 17-24.855).
Avenant écrit obligatoireMédiation crédit BdFWaiverFranchise amortissement
03

Créanciers Chirographaires —
Fournisseurs & Partenaires Commerciaux

Les créanciers chirographaires (fournisseurs, prestataires, loueurs, clients avanceurs) ne bénéficient d'aucune sûreté particulière. Ils sont les plus exposés en cas de procédure collective — leur taux de recouvrement moyen en liquidation est inférieur à 5 % (source : Banque de France 2024). Ils ont donc un intérêt objectif à négocier un accord amiable.

Techniques de négociation chirographaire :
Protocole d'accord amiable écrit : acte sous seing privé formalisant l'échelonnement, signé par toutes les parties. Doit préciser : montant exact de la dette, échéancier daté, clause résolutoire en cas de défaillance, renonciation expresse aux poursuites pendant la durée du plan.
Remise partielle de dette : accordée en contrepartie d'un paiement rapide ou d'une garantie nouvelle (caution, gage). Doit être matérialisée par une quittance subrogative ou un acte de remise de dette signé — sans quoi l'entreprise reste exposée au solde lors d'un redressement ou d'une liquidation.
Clause de retour à meilleure fortune : stipule que le solde remis devient exigible si l'entreprise retrouve une situation financière saine — outil de protection du créancier conciliant sans bloquer le débiteur.
Délai de grâce judiciaire : si le créancier refuse toute négociation et poursuit, le débiteur peut saisir le juge pour obtenir un délai de grâce de 2 ans maximum (art. 1343-5 C. civ.) — pendant lequel les intérêts peuvent être réduits.
Protocole écrit signéRemise partielleRetour bonne fortuneArt. 1343-5 C. civ.
04

Sécurisation Juridique des Accords —
Formalisme & Opposabilité

Un accord amiable non sécurisé juridiquement est un accord fragile. En cas d'ouverture ultérieure d'une procédure collective, le mandataire judiciaire peut remettre en cause les actes passés dans la période suspecte (art. L632-1 et L632-2 C. com.) si les conditions sont réunies.

Formalisme minimal impératif :
— Acte écrit daté et signé par toutes les parties (représentants légaux avec pouvoirs vérifiés)
— Mention expresse de la créance concernée avec son montant exact au jour de l'accord
— Échéancier précis avec dates et montants de chaque paiement
— Clause de résolution automatique en cas de non-paiement d'une échéance
— Renonciation aux poursuites et aux voies d'exécution pendant la durée du plan
— Engagement de non-cession de la créance sans information préalable du débiteur
Procédure de conciliation (art. L611-4 à L611-15 C. com.) : pour les entreprises en difficulté avérée mais non en cessation des paiements depuis plus de 45 jours, la conciliation offre un cadre confidentiel permettant d'homologuer les accords amiables par le tribunal. L'accord homologué confère aux remises de dettes des créanciers publics (CCSF) une opposabilité renforcée et protège les concours accordés contre toute action en nullité de la période suspecte (art. L632-1 II et L632-2 II C. com.).
Art. L611-4 C. com.ConciliationPériode suspecteHomologation

II. Saisine des Commissions Administratives

Trois instances administratives permettent d'obtenir des délais de paiement, des remises de dettes publiques et des aides au financement de manière confidentielle — sans publication au greffe du tribunal, sans procédure collective ouverte.

CCSF
Commission des Chefs de Services Financiers — Décret n° 2007-686 du 4 mai 2007

CCSF — Guichet unique fiscal et social

La CCSF est présidée par le Directeur Départemental des Finances Publiques (DDFiP). Elle réunit les représentants de la DGFiP, de l'URSSAF, de la MSA, des régimes de sécurité sociale obligatoires de base et de Pôle Emploi. Elle peut être saisie par tout commerçant, artisan, profession libérale ou personne morale de droit privé à jour de ses obligations déclaratives et du paiement des parts salariales des cotisations sociales.

Ce que la CCSF peut accorder :
Plan d'apurement échelonné des dettes fiscales et sociales patronales : durée pouvant dépasser 12 mois (36 mois en pratique) — décision collégiale unanime — suspension immédiate des poursuites à compter de l'accord
Remise partielle ou totale des majorations de retard, pénalités, frais de poursuite et amendes fiscales à l'issue de l'exécution du plan
Remises de dettes principales (cotisations patronales) en cas de procédure de conciliation, sauvegarde ou redressement judiciaire — art. L626-6 C. com. et D626-9 à D626-15 C. com.
Exception irréductible : la TVA collectée et les droits d'enregistrement ne peuvent jamais faire l'objet d'une remise — art. L626-6 al. 3 C. com.
Procédure de saisine :
Dossier déposé au secrétariat permanent de la CCSF (DDFiP du département du siège social). La CCSF dispose de 2 mois pour répondre à compter de la réception du dossier complet — l'absence de réponse vaut rejet. Pièces requises : attestation de difficultés financières (expert-comptable), attestation sur l'honneur de paiement des parts salariales, 3 derniers bilans, prévisionnel de CA et trésorerie, état détaillé des dettes fiscales et sociales. Pour les TPE : dossier simplifié disponible sur le site de la DDFiP.

En cas de procédure de conciliation, sauvegarde ou RJ : saisine possible dans les 2 mois de l'ouverture — par le débiteur, le conciliateur, l'administrateur ou le mandataire ad hoc (art. D626-9 C. com.).
Caducité du plan : le non-paiement d'une échéance courante ou d'une dette fiscale/sociale postérieure entraîne la caducité automatique du plan. Chaque créancier recouvre alors sa liberté d'agir. Un nouveau plan peut être demandé si les difficultés sont conjoncturelles et non révélatrices d'une cessation des paiements.
CODEFI
Comité Départemental d'Examen des Problèmes de Financement des Entreprises

CODEFI — Financement et prêts pour PME (< 400 salariés)

Le CODEFI est présidé par le Préfet et animé par le Commissaire aux Restructurations et Prévention des difficultés des entreprises (CRP). Il est compétent pour les entreprises de moins de 400 salariés rencontrant des difficultés économiques. Il oriente vers les bons interlocuteurs et peut débloquer des financements d'urgence.

Ce que le CODEFI peut mobiliser :
Prêts du Fonds de Développement Économique et Social (FDES) : prêts bonifiés à taux réduit pour accompagner la restructuration — montant unitaire plafonné à 800 000 € via le CODEFI
Orientation vers la médiation du crédit de la Banque de France
Accompagnement à l'élaboration du plan de restructuration par le CRP régional, en lien avec les services de l'État
Mobilisation des garanties publiques (Bpifrance, garanties régionales) pour faciliter de nouveaux financements bancaires
Saisine : contact direct avec le secrétaire permanent du CODEFI à la DDFiP, ou avec le CRP de la région. Démarche confidentielle — aucune publication au greffe.
CIRI
Comité Interministériel de Restructuration Industrielle — Entreprises > 400 salariés

CIRI — Restructurations industrielles d'envergure nationale

Le CIRI est compétent pour les entreprises de plus de 400 salariés présentant des difficultés structurelles nécessitant une intervention interministérielle. Il regroupe les représentants du ministère de l'Économie, du ministère du Travail, du ministère de l'Industrie et de Bpifrance. Il facilite la concertation entre l'entreprise, ses créanciers et les administrations pour trouver une solution de restructuration viable.

Missions du CIRI :
— Coordination de la négociation entre l'entreprise, ses actionnaires, ses banques et les administrations
— Mobilisation de financements publics (FDES, avances remboursables, garanties d'État)
— Instruction des demandes de report de charges publiques de grande ampleur
— Suivi de l'exécution des plans de restructuration validés
Saisine : par le dirigeant de l'entreprise, son conseil ou les administrations de tutelle — auprès du secrétariat général du CIRI, Direction Générale des Entreprises (DGE), ministère de l'Économie. Démarche strictement confidentielle.
Guide de décision

Quelle voie précontentieuse selon la situation ?

Dettes fiscales et sociales isolées — entreprise viable
CCSF en direct : plan d'apurement 12-36 mois + suspension poursuites + remise accessoires. Saisine possible sans avocat mais l'assistance juridique optimise le dossier.
Dettes bancaires + fiscales/sociales — PME < 400 sal.
CODEFI + Médiation du crédit en parallèle : coordination FDES + waiver bancaire + délais CCSF. Dossier de restructuration à construire avec expertise comptable et juridique.
Difficulté multifactorielle — accord multilatéral nécessaire
Conciliation (art. L611-4 C. com.) : cadre confidentiel, conciliateur désigné par le tribunal, accord homologué opposable aux tiers, protection contre la période suspecte.
Restructuration industrielle — groupe > 400 sal.
CIRI + conciliation : intervention interministérielle coordonnée, mobilisation des garanties publiques, négociation structurée avec les créanciers institutionnels.
Droit social des procédures collectives — Art. L3253-6 C. trav. & L625-1 C. com.

Assistance aux Salariés —
AGS, Licenciements & Prud'hommes

L'ouverture d'une procédure collective produit des effets immédiats et spécifiques sur les contrats de travail. Les salariés bénéficient d'un régime protecteur d'exception — superprivilège, garantie AGS, maintien des instances prud'homales — dont l'application exige une maîtrise technique irréprochable et une réactivité immédiate.

AGS — Association pour la Gestion du régime de Garantie des Salaires

I. La Garantie AGS — Mécanisme, Étendue et Procédure

A

Conditions d'intervention de l'AGS

L'AGS est un mécanisme d'ordre public financé par une cotisation patronale obligatoire (0,25 % depuis le 1er janvier 2025 — art. L3253-6 C. trav.). Elle garantit les créances salariales lorsque deux conditions cumulatives sont réunies.

  • L'employeur fait l'objet d'une procédure collective ouverte par le tribunal (sauvegarde, redressement judiciaire ou liquidation judiciaire)
  • L'employeur ne dispose pas des fonds disponibles pour payer les sommes dues aux salariés — en sauvegarde, le mandataire doit justifier de cette insuffisance auprès de l'AGS ; en redressement et liquidation, l'AGS est tenue d'avancer sans contrôle a priori (Cass. com., 7 juillet 2023 — principe confirmé par Cass. com., 17 janvier 2024, n° 22-19.451 et n° 23-12.283, Publié au Bulletin et au Rapport)
  • Les créances sont inscrites sur un relevé de créances salariales établi par le mandataire judiciaire et validé par le juge-commissaire
Art. L3253-6 C. trav. — Obligation de cotisation
« Tout employeur de droit privé assure ses salariés, y compris ceux détachés à l'étranger ou expatriés mentionnés à l'article L. 5422-13, contre le risque de non-paiement des sommes qui leur sont dues en exécution du contrat de travail, en cas de procédure de sauvegarde, de redressement ou de liquidation judiciaire. »

Cotisation AGS fixée à 0,25 % depuis le 1er janvier 2025 — recouvrée par l'URSSAF pour le compte du régime. Plafond de garantie : 94 200 € en 2025 (art. L3253-17 et D3253-5 C. trav.).

B

Étendue de la garantie selon la procédure

L'étendue de la garantie AGS varie selon la procédure ouverte et son stade. Elle couvre des catégories distinctes de créances salariales selon que la procédure est une sauvegarde, un redressement ou une liquidation.

  • Sauvegarde : garantie limitée aux seules indemnités de rupture des salariés licenciés pour motif économique pendant la période d'observation ou dans le mois suivant le plan (art. L3253-8, 4° C. trav.)
  • Redressement judiciaire : salaires, primes et indemnités de rupture dus au jour du jugement d'ouverture + indemnités de rupture des salariés licenciés postérieurement à l'ouverture, dans les périodes de garantie
  • Liquidation judiciaire : idem redressement + créances salariales de la période d'observation dans la limite de 45 jours de salaire, sous réserve que les licenciements interviennent dans les 15 jours du jugement d'ouverture (21 jours en cas de PSE)
  • Revirement 2025 — prise d'acte et résiliation judiciaire : l'AGS garantit désormais les créances résultant d'une prise d'acte ou d'une résiliation judiciaire aux torts de l'employeur, si la rupture intervient pendant une période couverte et est causée par des manquements graves — Cass. soc., 8 janvier 2025, n° 20-18.484 et n° 23-11.417, FS-B, Publié
Plafonds 2025 (art. D3253-5 C. trav.) :
— Contrat de moins de 6 mois au jugement : 1 mois du plafond mensuel SS
— Contrat de 6 mois à 2 ans : 2 mois du plafond mensuel SS
— Contrat d'au moins 2 ans : 3 mois du plafond mensuel SS
Plafond mensuel SS 2025 : 3 925 €/mois — plafond max. : 94 200 €

Procédure et Timing — De l'Ouverture au Paiement

J0
Jugement d'ouverture

Désignation du mandataire judiciaire

Le tribunal désigne le mandataire judiciaire, chargé de représenter les créanciers et de préserver les droits financiers des salariés. Le mandataire informe les salariés et le conseil de prud'hommes de l'ouverture dans les 10 jours (art. L625-3 C. com. renvoyant à L631-18 al. 4 et L641-14 al. 3).

J+10
Art. L625-2 C. com.

Élection du représentant des salariés

En l'absence de CSE, les salariés élisent un représentant des salariés dans les 10 jours du jugement d'ouverture. Ce représentant a pour mission principale d'aider les salariés dans l'établissement de leurs créances salariales auprès du mandataire.

J+15
Liquidation judiciaire — délai impératif

Licenciements pour garantie AGS en liquidation

En liquidation judiciaire, le mandataire/liquidateur doit notifier les licenciements économiques dans les 15 jours du jugement d'ouverture pour que les créances correspondantes soient garanties par l'AGS (21 jours si PSE — art. L3253-8, 5° C. trav.). Passé ce délai, l'AGS peut refuser sa garantie pour les indemnités afférentes.

Délai impératif : le mandataire judiciaire qui omet de licencier dans les 15 jours engage sa responsabilité envers les salariés privés de garantie AGS.
R1
Art. L625-1 C. com.

Relevé des créances salariales par le mandataire

Le mandataire judiciaire établit le relevé de créances salariales — inventaire de toutes les sommes dues (salaires, primes, congés payés, indemnités de préavis et de licenciement). Ce relevé est soumis au juge-commissaire. Le salarié peut contester ce relevé dans un délai de 2 mois à compter de sa publication dans un journal d'annonces légales.

AGS
Art. L3253-15 C. trav.

Avance des fonds par l'AGS

L'AGS verse les fonds au mandataire dans les délais suivants : 5 jours à compter de la réception du relevé de créances (salaires, indemnités de congés payés) ; 8 jours pour les mesures d'accompagnement d'un PSE. Environ 80 % des demandes sont traitées en moins de 2 jours. Le mandataire reverse immédiatement les sommes reçues aux salariés par chèque ou virement.

2024 : 2,1 milliards d'euros avancés par l'AGS pour l'ensemble des procédures collectives françaises. La France dispose du fonds de garantie le plus protecteur d'Europe.
Refus de l'AGS — Art. L625-4 C. com.

Contestation du refus de garantie — Saisine du Conseil de prud'hommes

Lorsque l'AGS refuse de garantir tout ou partie d'une créance figurant sur le relevé, le salarié peut saisir le conseil de prud'hommes en mettant en cause : le représentant des créanciers (mandataire judiciaire), l'employeur ou l'administrateur, et l'AGS/CGEA comme partie défenderesse. Le contentieux de la garantie AGS est un contentieux autonome — aucune forclusion n'est opposable à l'action tendant à contester le refus de l'AGS (jurisprudence constante confirmée par Lettre du Restructuring 2022).

Instance prud'homale — Art. L625-3 C. com.

II. La Procédure Prud'homale en Présence d'une Procédure Collective

Instances en cours au jour de l'ouverture

Les instances prud'homales en cours à la date du jugement d'ouverture ne sont ni suspendues ni interrompues — régime dérogatoire au droit commun des procédures collectives (art. L625-3 C. com. ; Cass. soc., 17 sept. 2003, n° 01-41.255).

Obligation d'information : le mandataire judiciaire doit informer dans les 10 jours la juridiction prud'homale et les salariés parties à l'instance. S'il omet de le faire, la décision rendue lui est opposable et il ne peut se prévaloir d'une inopposabilité (Cass. soc., 28 fév. 2018, n° 15-24.857 ; Cass. soc., 8 juin 2016, n° 13-23.811).
Art. L625-3 C. com.Non interrompue

Objet de l'instance : fixation et non condamnation

À compter du jugement prononçant l'ouverture de la procédure collective, l'instance prud'homale conduit uniquement à la fixation de la créance au passif et non à une condamnation à payer. Le salarié doit expressément solliciter cette fixation dans ses conclusions.

Cass. soc., 10 novembre 2021, n° 20-14.529 : l'instance ne peut aboutir à une condamnation même si le salarié maintient sa demande de condamnation — le juge ne peut qu'ordonner la fixation de la créance au passif.
Mise en cause obligatoire : le mandataire judiciaire, l'administrateur (en RJ) et l'AGS doivent être mis en cause dans l'instance. À défaut, la décision leur est inopposable (art. L625-3 ; Cass. soc., 9 mars 2011, n° 09-67.312).
Fixation au passifAGS mise en cause

Forclusion — Délai de 2 mois et relevé

Après l'ouverture de la procédure collective, le mandataire établit le relevé de créances salariales. Le salarié dispose d'un délai de 2 mois à compter de la publication pour contester — à peine de forclusion.

Opposabilité limitée : la forclusion n'est opposable qu'au salarié ayant été dûment informé par le mandataire du dépôt du relevé, de sa publication, de la juridiction compétente et des modalités de saisine (Cass. soc., 22 mars 2023, n° 21-14.604).
Relevé de forclusion par le CPH : le salarié forclos peut demander à être relevé de forclusion devant le conseil de prud'hommes (et non le juge-commissaire) dans le délai de 6 mois du jugement d'ouverture — Cass. soc., 24 janvier 2018, n° 16-16.503.
Délai 2 moisRelevé CPH6 mois

Appel devant la Cour d'appel — Chambre sociale

Représentation obligatoire depuis le 1er août 2016 (décret n° 2016-660 du 20 mai 2016) : en appel de décisions prud'homales, la procédure est menée avec représentation obligatoire (art. R1461-2 C. trav. modifié). Le salarié doit formuler dans ses conclusions d'appel une demande de fixation de ses créances au passif de la procédure collective de son employeur et non une demande de condamnation — à peine d'irrecevabilité. La Cour d'appel ne peut pas condamner une société en procédure collective : elle ne peut que fixer la créance.
Compétence exclusive du bureau de jugement : le bureau de jugement du CPH (et non la formation de référé) est seul compétent pour statuer sur la contestation d'une créance salariale en procédure collective — Cass. soc., 17 juin 1992, n° 89-43.338 ; Cass. soc., 4 juin 2003, n° 01-42.338 (Bull.).
Assistance aux créanciers — Art. L622-24 à L622-26 C. com.

Assistance de Tous les Créanciers —
Déclarations, Sûretés & Bailleur

L'ouverture d'une procédure collective impose à chaque créancier une discipline procédurale rigoureuse. Un délai manqué, une sûreté omise, une créance mal qualifiée : autant d'erreurs irréparables qui privent définitivement le créancier de tout paiement. Nous assistons l'ensemble des créanciers à chaque étape, du BODACC à la clôture.

I. La Déclaration de Créances — Procédure et Délais

A

Qui doit déclarer et dans quel délai ?

La déclaration de créances est une obligation d'ordre public (art. L622-24 C. com., modifié par la loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025). Elle s'impose à tous les créanciers antérieurs au jugement d'ouverture, qu'ils soient chirographaires, titulaires de sûretés réelles, de privilèges spéciaux, d'un droit de rétention ou d'un droit de revendication. Les créances alimentaires et les créances salariales en sont exemptées.

  • Délai de droit commun : 2 mois à compter de la publication du jugement d'ouverture au BODACC (art. R622-24 C. com.)
  • Créanciers titulaires d'une sûreté publiée ou liés par un contrat publié : avertis personnellement par LRAR dans les 15 jours du jugement — le délai de 2 mois court à compter de la notification de cet avertissement
  • Créanciers hors métropole : délai porté à 4 mois
  • Trésor public et organismes sociaux : admis à titre provisionnel pour leur montant déclaré — délai dérogatoire pour les créances issues d'une vérification de comptabilité engagée après le jugement (Cass. com., 5 fév. 2025, n° 23-22.380)
Art. L622-24 al. 1 C. com. — modifié par L. n° 2025-1403 du 30 déc. 2025
« A partir de la publication du jugement, tous les créanciers dont la créance est née antérieurement au jugement d'ouverture, à l'exception des salariés, adressent la déclaration de leurs créances au mandataire judiciaire dans des délais fixés par décret en Conseil d'État. »

Application immédiate — dispositions applicables aux procédures collectives ouvertes à compter du 1er janvier 2027 pour les modifications apportées par la loi du 30 décembre 2025.

B

Contenu obligatoire de la déclaration

La déclaration de créances doit comporter des mentions précises dont l'omission peut rendre la déclaration incomplète ou irrecevable. Elle peut être établie sur papier libre ou par lettre et doit manifester clairement la volonté du créancier.

  • Montant de la créance au jour du jugement d'ouverture avec décompte des différents éléments
  • Nature de la créance (contractuelle, délictuelle, chirographaire, privilégiée…)
  • Nature et assiette des sûretés dont la créance est assortie (hypothèque, gage, nantissement, privilège) — l'omission de la sûreté dans la déclaration la rend inopposable à la procédure collective (Cass. com., Lexbase, brèves n° 802 du 11 juill. 2024)
  • Modalités de calcul des intérêts dont le cours n'est pas arrêté
  • Juridiction saisie si la créance fait l'objet d'un litige en cours
  • Documents justificatifs (factures, bons de commande, contrat, jugement) joints sous bordereau
Déclaration par le débiteur : lorsque le débiteur porte une créance à la connaissance du mandataire, il est présumé avoir agi pour le compte du créancier — mais la déclaration incomplète n'est pas opposable si elle n'indique pas les sommes à échoir, la nature du privilège ou les sûretés (Cass. com., 27 mars 2024, n° 22-21.016).

Forclusion et Relevé de Forclusion

Art. L622-26 C. com. — Forclusion : à défaut de déclaration dans le délai de 2 mois, les créanciers ne sont pas admis dans les répartitions et dividendes. Leurs créances et sûretés non déclarées sont inopposables au débiteur pendant l'exécution du plan et après, si les engagements du plan ont été tenus.

Relevé de forclusion : le juge-commissaire peut relever de forclusion si le créancier établit que sa défaillance n'est pas due à son fait ou qu'elle est due à une omission du débiteur lors de l'établissement de la liste des créanciers. L'action en relevé ne peut être exercée que dans un délai de 6 mois — Cass. com., 3 juillet 2024, n° 23-15.715, F-B (Publié au Bulletin).
Garanties accessoires — sûretés et cautions : si le créancier omet de déclarer une sûreté dans sa déclaration de créances, celle-ci est inopposable à la procédure collective même si la créance principale est admise. La caution peut se prévaloir de la forclusion du créancier non déclarant — le créancier forclos ne peut plus poursuivre la caution personne physique (jurisprudence constante depuis Cass. com., 20 mai 1997, n° 95-16.696). Vérifiez systématiquement la régularité de la déclaration de créances comme premier moyen de défense de la caution.
Sous-rubrique — Art. L622-14, L631-14, L641-12 C. com.

II. Particularité de l'Action du Bailleur Commercial et Civil

Le bailleur subit une double contrainte lors d'une procédure collective de son locataire : l'arrêt des poursuites pour les loyers antérieurs et un délai protecteur de 3 mois avant toute résiliation pour loyers postérieurs. La jurisprudence récente a considérablement encadré ses droits.

Loyers antérieurs — Déclaration de créances obligatoire

Les loyers et charges impayés antérieurs au jugement d'ouverture constituent des créances antérieures soumises à déclaration dans le délai de 2 mois. Le bailleur ne peut pas les réclamer directement — toute action en paiement ou en résiliation fondée sur ces impayés est irrecevable dès le jugement d'ouverture (art. L622-21 C. com.).

Cass. com., 19 nov. 2025, n° 23-19.521 : l'action en résiliation du bail commercial fondée sur des loyers antérieurs au jugement d'ouverture est interrompue, même si elle a été engagée avant l'ouverture. Le juge doit relever d'office l'irrecevabilité.

Loyers postérieurs — Délai de 3 mois et vérification au jour du jugement

Le bailleur ne peut demander la résiliation de plein droit du bail pour non-paiement des loyers et charges postérieurs au jugement qu'après l'écoulement d'un délai de 3 mois (art. L622-14, 2° C. com., applicable au RJ par L631-14 et à la LJ par L641-12).

Cass. com., 10 déc. 2025, n° 24-20.714, F-B (Publié au Bulletin) : le juge-commissaire saisi d'une demande de constat de résiliation doit s'assurer, au jour où il statue, que des loyers postérieurs demeurent impayés. Si le preneur a régularisé avant l'audience (même après l'expiration du délai de 3 mois et après la requête), la résiliation ne peut être prononcée.

Nouvelle procédure collective — Réinitialisation des délais

La liquidation judiciaire ouverte simultanément à la résolution d'un plan de redressement constitue une nouvelle procédure collective distincte. Les loyers qui étaient postérieurs au redressement judiciaire deviennent antérieurs à cette nouvelle liquidation. Un nouveau délai de 3 mois repart à zéro.

Cass. com., 12 juin 2025, n° 23-22.076, Publié au Bulletin : la liquidation judiciaire ouverte concomitamment à la résolution d'un plan de redressement constitue une nouvelle procédure collective, faisant obstacle à la résiliation du bail pour les loyers échus postérieurement à l'ouverture du redressement judiciaire.
Art. L622-14Délai 3 mois

Saisie conservatoire — Bailleur dispensé d'autorisation

Le bailleur titulaire d'un bail commercial écrit est dispensé d'autorisation judiciaire préalable pour pratiquer une saisie conservatoire sur les loyers impayés (art. L511-2 CPCE). Cette dispense s'applique également au bail commercial reconduit tacitement.

Condition : la saisie conservatoire reste soumise aux deux conditions cumulatives de l'art. L511-1 CPCE : créance fondée en son principe + circonstances menaçant le recouvrement. La seule absence de paiement des loyers ne caractérise pas à elle seule la menace sur le recouvrement (CA Paris, 28 mars 2024, n° 23/10185).
Caution et procédure collective : en cas de procédure collective du locataire, le bailleur doit, dans le mois suivant la mesure conservatoire, saisir le tribunal à peine de caducité — Cass. com., 14 juin 2023, n° 21-24.018, Publié au Bulletin.
Art. L511-2 CPCEBail écrit1 mois
Synthèse — Droits du bailleur selon la période :

Avant le jugement d'ouverture : le bailleur peut agir librement (commandement, clause résolutoire, action en résiliation). Si la clause résolutoire a été acquise et constatée par décision passée en force de chose jugée avant l'ouverture, elle reste opposable — CA Paris, 12 fév. 2026, n° 22/06765.

Après le jugement — loyers antérieurs : déclaration de créances obligatoire dans les 2 mois. Toute action directe est irrecevable. Arrêt de toutes les procédures en cours fondées sur ces impayés.

Après le jugement — loyers postérieurs : le bail se poursuit de plein droit (art. L622-13). Le bailleur peut agir en résiliation devant le juge-commissaire seulement après 3 mois d'impayés postérieurs, sous réserve que l'impayé subsiste au jour où le juge statue.
Réalisation de l'actif — Art. L642-1 à L642-24 C. com.

Rachat d'Éléments d'Actifs —
Plan de Cession & Vente aux Enchères

Qu'il s'agisse de reprendre une entreprise en difficulté dans son ensemble ou d'acquérir des éléments d'actif isolés (fonds de commerce, matériels, stocks, immeubles), la procédure est strictement encadrée. Les interlocuteurs, les délais, les interdictions et les textes applicables sont différents selon que la procédure est au stade du redressement judiciaire ou de la liquidation judiciaire.

I. Les Interlocuteurs Selon le Stade de la Procédure

Administrateur Judiciaire

En redressement judiciaire, l'administrateur judiciaire est le destinataire des offres de cession (art. L631-13 et L631-22 C. com.). Il organise l'appel à candidatures, reçoit et transmet les offres au tribunal. En liquidation judiciaire, il peut être désigné en complément du liquidateur pour les procédures complexes.

Art. L631-21-1 C. com. : en redressement judiciaire, dès lors qu'une cession est envisagée, le tribunal désigne obligatoirement un administrateur judiciaire, destinataire de l'offre.
RJ obligatoireReçoit les offres

Mandataire Judiciaire / Liquidateur

En liquidation judiciaire, le liquidateur est l'interlocuteur principal : il reçoit les offres de cession d'entreprise (art. L642-2 C. com.), organise les ventes d'actifs isolés, demande les autorisations au juge-commissaire et surveille l'exécution du plan de cession après arrêté par le tribunal.

Mission post-plan : le liquidateur surveille l'exécution du plan et signale toute inexécution au juge-commissaire et au ministère public (art. R642-14 C. com.). En cas de résolution du plan, il reprend les opérations de liquidation.
LJ principalVentes actifs

Juge-Commissaire

Le juge-commissaire (JC) joue un rôle central dans la réalisation des actifs : il autorise les ventes de gré à gré ou ordonne les ventes aux enchères (art. L642-19 C. com.), fixe la mise à prix et les conditions de vente pour les immeubles (art. L642-18 C. com.), et statue sur les contestations de la procédure de cession.

Art. L642-19 C. com. : « Le juge-commissaire soit ordonne la vente aux enchères publiques, soit autorise, aux prix et conditions qu'il détermine, la vente de gré à gré des autres biens du débiteur lorsqu'elle est de nature à garantir les intérêts de celui-ci. »
Autorise ventesFixe mise à prix

Commissaire de Justice / Commissaire-Priseur

Le commissaire de justice (anciennement huissier de justice / commissaire-priseur judiciaire depuis l'ordonnance n° 2016-728 du 2 juin 2016, profession unique depuis le 1er juillet 2022) conduit les ventes aux enchères publiques des biens mobiliers et immobiliers du débiteur. Il agit sous le contrôle du juge-commissaire.

Ventes mobilières : conformément aux articles L322-2 à L322-7 CPCE. Le commissaire de justice peut être mandaté par le liquidateur pour toute vente aux enchères d'actifs corporels ou incorporels (fonds de commerce, matériels, stocks, droits).
Enchères publiquesBiens mobiliers/immo

II. Plan de Cession vs Vente d'Actifs Isolés

A

Le Plan de Cession — Art. L642-1 à L642-17 C. com.

Le plan de cession est un outil de réalisation de l'actif permettant la transmission d'une entreprise à un repreneur sous contrôle judiciaire. Il peut être décidé en redressement judiciaire (si le redressement est manifestement impossible — art. L631-22) ou en liquidation judiciaire (art. L642-1).

Art. L642-1 C. com. — Objet de la cession
« La cession de l'entreprise a pour but d'assurer le maintien d'activités susceptibles d'exploitation autonome, de tout ou partie des emplois qui y sont attachés et d'apurer le passif. Elle peut être totale ou partielle. »
  • Contenu obligatoire de l'offre (art. L642-2 C. com.) : désignation précise des biens, droits et contrats inclus ; prévisions d'activité et de financement ; prix offert et modalités de règlement ; qualité des apporteurs de capitaux ; nombre d'emplois maintenus
  • Délai de dépôt : fixé par le tribunal ; modification possible jusqu'à 2 jours ouvrés avant l'audience (art. R642-1) ; aucun retrait possible après remise à l'administrateur/liquidateur
  • Effets : le cessionnaire acquiert les actifs libres de passif (art. L642-12) — purge automatique des dettes antérieures. Transfert automatique des contrats de travail des salariés repris (art. L1224-1 C. trav.)
  • Inaliénabilité : les actifs acquis ne peuvent être revendus (à l'exception des stocks) tant que le prix de cession n'est pas intégralement réglé, sauf autorisation du tribunal (art. L642-9 et L642-10 C. com.)
  • Tribunal des activités économiques (TAE) : 12 territoires en expérimentation depuis le 1er janvier 2025 pour les procédures de grande ampleur
Interdiction — Art. L642-3 C. com. : le débiteur, ses dirigeants de droit ou de fait, ainsi que les proches et personnes interposées, ne peuvent présenter d'offre — sauf ancien dirigeant et fondateur : Cass. com., 23 sept. 2014, n° 13-21.703 (confirmé CA Paris, 26 mars 2024, n° 23/17973).
B

Vente d'Actifs Isolés — Art. L642-18 à L642-20 C. com.

Lorsqu'aucun plan de cession global n'est envisageable, ou pour les biens non compris dans un plan de cession, les actifs sont réalisés séparément sous l'autorité du juge-commissaire. Deux modes de vente sont possibles.

  • Vente aux enchères publiques : ordonnée par le juge-commissaire, conduite par le commissaire de justice. Pour les biens mobiliers : art. L322-2 à L322-7 CPCE. Pour les immeubles : art. L322-5 à L322-12 CPCE (sauf L322-6 et L322-9) — le juge-commissaire fixe la mise à prix et les conditions essentielles
  • Vente de gré à gré : autorisée par le juge-commissaire aux prix et conditions qu'il détermine (art. L642-19 C. com.), lorsqu'elle est de nature à mieux garantir les intérêts du débiteur. Le juge-commissaire peut demander que le projet de vente amiable lui soit soumis pour vérification
  • Fonds de commerce : après paiement du prix, le cessionnaire peut saisir le juge-commissaire pour obtenir la radiation des inscriptions grevant le fonds (art. R642-10 C. com.) — sans qu'aucune justification de purge ne soit nécessaire
  • Créancier gagiste : peut demander l'attribution judiciaire au juge-commissaire avant la réalisation — si la créance est rejetée en tout ou partie, il restitue le bien ou sa valeur sous réserve du montant admis (art. L642-20-1 C. com.)
Cass. com., 2 juillet 2025, n° 24-13.481 — Caution et plan de cession : la reprise des échéances d'un prêt par le cessionnaire n'emporte pas novation. La caution initiale reste tenue de ses obligations envers le créancier d'origine, même après la disparition de la société débitrice.

III. Voies de Recours contre le Jugement Arrêtant le Plan de Cession

Attention — Recours très limités (art. L661-6 III et L661-7 C. com.) : la tierce opposition ordinaire est fermée par l'article L661-7 C. com. L'appel est réservé à un cercle limité : débiteur (s'il justifie d'un intérêt propre), ministère public, cessionnaire (pour les charges qui lui auraient été imposées sans qu'il les ait souscrites), cocontractant cédé (pour la seule partie relative à la cession de son contrat). Le délai est de 10 jours. Les candidats repreneurs évincés sont exclusus de tout recours (CA Paris, 19 mai 2016, n° 16/03637). Seule la tierce opposition-nullité pour excès de pouvoir manifeste subsiste dans le délai de 10 jours de l'art. R661-2 C. com.
FC
Expertise & Opportunité

Rachat de Fonds de Commerce en Liquidation Judiciaire —
Notre Expertise à Votre Service

La liquidation judiciaire d'une entreprise est souvent perçue comme une fin. Pour l'entrepreneur visionnaire, c'est avant tout une opportunité d'acquisition exceptionnelle : des fonds de commerce solides, des emplacements stratégiques, des clientèles constituées et des savoir-faire établis peuvent être acquis à des conditions que le marché ordinaire n'offre jamais. Réflexe Lex a développé une expertise pointue dans l'accompagnement des repreneurs souhaitant saisir ces opportunités dans les meilleures conditions juridiques et au meilleur prix.

🎯
Accès privilégié

Le cabinet est connecté électroniquement à l'ensemble des greffes et mandataires judiciaires de France. Nous identifions les opportunités de cession dès leur ouverture, avant même leur publicité officielle.

Sécurité juridique totale

Nous rédigeons et sécurisons les offres de reprise, veillons au respect des conditions légales d'inaliénabilité (art. L642-9 C. com.) et accompagnons jusqu'à la prise de possession définitive des actifs.

💼
Accompagnement 360°

De la détection de l'opportunité à la remise des clés : audit du fonds, négociation avec le liquidateur, rédaction de l'offre, audience devant le tribunal, radiation des inscriptions, transfert du bail.

Pourquoi le rachat en liquidation judiciaire est une opportunité unique
Prix libre de passif : le cessionnaire acquiert le fonds purgé de toutes les dettes antérieures — aucun engagement sur les créanciers du cédant (art. L642-12 C. com.)
Tarif sur mesure et approche sérieuse : chaque dossier de cession judiciaire est unique. Nous construisons une stratégie d'acquisition adaptée à la valeur réelle du fonds, en pleine transparence avec les organes de la procédure, pour permettre une reprise réussie dans le respect de l'ensemble de la législation applicable
Transfert automatique du bail : le bail commercial est transféré au cessionnaire sans accord préalable du bailleur ni droit d'entrée supplémentaire (art. L642-7 C. com.)
Actif constitué : clientèle, enseigne, nom commercial, matériels, stocks, contrats en cours, savoir-faire — tout un outil de production opérationnel dès la prise de possession
Radiation des inscriptions : après paiement du prix, le cessionnaire obtient la radiation de toutes les inscriptions de nantissement grevant le fonds sans purge complémentaire (art. R642-10 C. com.)
Maintien de l'emploi : le repreneur qui maintient des emplois bénéficie d'une image positive auprès du tribunal et peut négocier des conditions de reprise plus favorables
Le rôle central du Commissaire de Justice dans la réalisation du fonds

Depuis la fusion des professions d'huissier de justice et de commissaire-priseur judiciaire par l'ordonnance n° 2016-728 du 2 juin 2016, effective au 1er juillet 2022, le commissaire de justice est l'officier ministériel unique compétent pour réaliser les ventes aux enchères des actifs mobiliers d'une entreprise en liquidation judiciaire.

Ventes aux enchères mobilières Matériels, machines, véhicules, stocks, mobilier de bureau, équipements professionnels — vendus publiquement après publicité légale dans les journaux d'annonces légales et sur le site officiel des ventes judiciaires. Prix de mise à prix fixé par le juge-commissaire.
Vente de gré à gré du fonds Lorsque le juge-commissaire autorise une cession amiable (art. L642-19 C. com.), le liquidateur peut mandater le commissaire de justice pour organiser la mise en concurrence des acquéreurs potentiels et conduire les négociations dans le cadre légal.
Inventaire et prisée Avant toute vente, le commissaire de justice dresse l'inventaire et procède à la prisée (estimation) des biens meubles corporels — acte officiel opposable à tous et servant de base à la fixation du prix de mise à prix ou de la valeur de reprise.
Remise de possession C'est le commissaire de justice qui, après paiement du prix, procède officiellement à la remise de possession des actifs au cessionnaire et dresse le procès-verbal de cession — acte authentique constitutif du droit de propriété.
Notre réseau : Réflexe Lex travaille en relation directe avec les principaux commissaires de justice spécialisés en cessions judiciaires sur l'ensemble du territoire. Cette connaissance des acteurs locaux vous permet d'être informé en amont des opportunités de rachat, avant même la publicité officielle, et d'accéder aux inventaires de prisée pour évaluer au juste prix les actifs mis en vente.
Démarches subséquentes — Ce que nous gérons pour vous après la cession

L'acte de cession signé n'est que le point de départ d'un ensemble de formalités administratives et juridiques indispensables à la prise de possession effective et à l'exploitation régulière du fonds acquis. Réflexe Lex coordonne l'ensemble de ces démarches en collaboration directe avec les organes de la procédure collective (liquidateur, juge-commissaire, greffe) et les administrations concernées.

Greffe du Tribunal de Commerce Enregistrement de la cession au Registre du Commerce et des Sociétés · Modification ou création de l'immatriculation du cessionnaire · Publication de l'avis de cession au BODACC (Bulletin Officiel des Annonces Civiles et Commerciales) dans les délais légaux · Radiation des inscriptions de nantissement sur le fonds (art. R642-10 C. com.)
Administrations fiscales et sociales Déclaration de cession auprès du Service des Impôts des Entreprises (SIE) · Enregistrement de l'acte de cession et acquittement des droits d'enregistrement · Reprise ou transfert des contrats de travail (art. L1224-1 C. trav.) · Déclarations URSSAF et mise à jour du compte employeur · Transfert des abonnements et contrats de fourniture
Bailleur et gestion locative Notification de la cession au bailleur et demande de mise à jour du bail commercial au nom du cessionnaire · Vérification de l'absence de clause contraire au droit de cession judiciaire (art. L642-7 C. com.) · Coordination avec le liquidateur pour l'état des lieux et la remise officielle des clés · Régularisation des loyers postérieurs à la date de cession
Spécificités sectorielles — Notre expertise dans les activités réglementées
🚬 Débit de Tabac — Agrément DGDDI & Relation avec la Régie des Tabacs

Le rachat d'un débit de tabac en liquidation judiciaire présente une complexité réglementaire particulière : l'agrément de gérant de débit de tabac n'est pas transmissible automatiquement avec le fonds. Il est délivré intuitu personae par la Direction Générale des Douanes et Droits Indirects (DGDDI) à chaque exploitant. Le cessionnaire doit impérativement :

Obtenir un nouvel agrément auprès de la DGDDI avant toute exploitation — dossier à déposer auprès de la direction régionale des douanes compétente, incluant casier judiciaire, justificatifs de domicile et de situation financière
Conclure un nouveau contrat de gérance avec l'État (Ministère du Budget) — le contrat signé avec le vendeur liquidé est caduc ; la Régie des Tabacs (direction dédiée au sein de la DGDDI) gère la procédure de renouvellement du contrat de gérance
Régulariser les stocks de tabac : les tabacs en stock appartiennent à la Régie, non au fonds de commerce — leur valorisation et leur transfert font l'objet d'un inventaire contradictoire spécifique avec les services des douanes
Reprendre les terminaux FDJ (Française des Jeux) : les contrats de point de vente FDJ (Loto, Euromillions, Paris Sportifs) sont des contrats personnels conclus entre FDJ et le débitant. Le cessionnaire doit déposer une nouvelle candidature auprès de la direction régionale FDJ et peut bénéficier d'un transfert prioritaire si l'emplacement était déjà actif
Notre accompagnement tabac/FDJ : nous coordonnons simultanément la procédure judiciaire de cession (liquidateur, juge-commissaire, tribunal) et les démarches administratives auprès de la DGDDI et de FDJ, pour éviter toute interruption d'exploitation entre la prise de possession et la délivrance des agréments.
🍺 Licence IV & Licences d'Alcool — Bars, Restaurants, Débits de Boissons

La cession d'un fonds de commerce de bar, brasserie ou restaurant incluant une licence IV (ou licence III, II, grande licence restaurant) est soumise à un régime administratif strict régi par le Code de la santé publique (art. L3332-1 et suivants) et le Code général des impôts. La licence n'est pas automatiquement transférée avec le fonds en cession judiciaire — des formalités précises sont impératives :

Déclaration de mutation de licence auprès de la mairie du lieu d'exploitation et du bureau des douanes territorialement compétent, dans les 15 jours suivant la prise de possession (art. L3332-7 CSP)
Permis d'exploitation obligatoire pour le cessionnaire : formation de 3 jours (ou 6 heures pour renouvellement) délivrée par un organisme agréé — exigée avant toute ouverture au public (art. L3332-1-1 CSP)
Transfert géographique impossible en cours de LJ : la licence ne peut être transférée dans une autre commune que celle d'exploitation sans autorisation préfectorale préalable — la cession judiciaire ne déroge pas à ce principe
Licence IV suspendue ou retirée : si la licence faisait l'objet d'une suspension administrative au moment de la liquidation (infraction à la législation sur l'alcool, trouble à l'ordre public), cette suspension se transmet avec le fonds et le cessionnaire ne peut exploiter tant qu'elle n'est pas levée — point de vigilance absolu lors de l'audit pré-acquisition
Licence petite restauration (licence II/III) : pour les restaurants proposant des boissons avec les repas uniquement — régime distinct, formalités simplifiées mais déclaration obligatoire identique

Notre accompagnement licences IV : nous procédons systématiquement à un audit de régularité de la licence avant toute acquisition (vérification de l'absence de suspension, de retrait ou de litige administratif en cours), et nous gérons l'intégralité des déclarations de mutation auprès de la mairie, de la préfecture et des douanes, ainsi que l'obtention du permis d'exploitation du cessionnaire.

Droits d'Enregistrement sur la Cession de Fonds de Commerce — CGI art. 719
Tranche du prix de cession Taux normal Zone Franche Urbaine
(ZFU — art. 722 bis CGI)
Zone de Revitalisation
Rurale (ZRR)
(art. 722 bis CGI)
Droit fixe minimum
Jusqu'à 23 000 € 0 % 0 % 0 % 25 € (droit fixe)
De 23 001 € à 200 000 € 3 % 0 % (exonération) 0 % (exonération) Sur la tranche
Au-delà de 200 000 € 5 % 5 % (taux plein) 5 % (taux plein) Sur la tranche
Base légale : art. 719 CGI (droits de mutation à titre onéreux sur les fonds de commerce) · art. 722 bis CGI (abattement ZFU/ZRR) · art. 1594 F quinquies CGI (droits départementaux). L'exonération ZFU/ZRR s'applique à la tranche 23 001 € – 200 000 € uniquement, sous condition que le cessionnaire s'engage à maintenir l'exploitation pendant 5 ans dans la zone concernée. Au-delà de 200 000 €, le taux de 5 % s'applique en toute hypothèse, quelle que soit la zone.
Calculateur de droits d'enregistrement
Financement de l'Acquisition & Garanties bancaires — Notre réseau de partenaires

Réflexe Lex peut vous mettre en relation avec des établissements bancaires et organismes financiers spécialisés dans le financement des acquisitions de fonds de commerce en cession judiciaire. Ce type d'opération présente des spécificités que les banques généralistes maîtrisent rarement — nous travaillons avec des partenaires connaissant précisément ce contexte.

Prêt professionnel d'acquisition

Financement bancaire classique à moyen terme (5 à 7 ans) couvrant le prix de cession, les droits d'enregistrement et les frais annexes. Les banques partenaires sont habituées aux contraintes de délai des cessions judiciaires (offre déposée → audience → jugement → paiement).

Prêt Bpifrance & garanties publiques

Bpifrance propose des garanties à hauteur de 50 à 70 % du prêt bancaire pour les acquisitions de PME en difficulté, facilitant l'accès au crédit bancaire pour les repreneurs. Le dispositif "Garantie Transmission" couvre les rachats de fonds de commerce en procédure collective.

Privilège du vendeur de fonds de commerce

Lorsque le prix de cession est payé à crédit (paiement différé ou échelonné), le cédant (ici le liquidateur judiciaire pour le compte des créanciers) bénéficie d'un privilège de vendeur sur le fonds cédé (art. L141-5 C. com.). Ce privilège :

·Porte sur tous les éléments incorporels et corporels du fonds
·Doit être inscrit au Registre du Commerce (greffe) dans un délai de 15 jours à compter de la vente pour être opposable aux tiers
·En cas de cession judiciaire : c'est le liquidateur qui inscrit le privilège — le cessionnaire ne peut pas revendre le fonds avant extinction du solde (art. L642-9 C. com. — inaliénabilité)
·Durée d'inscription : 5 ans — renouvelable (art. L141-6 C. com.)
Nantissement du fonds de commerce au profit de la banque

La banque qui finance l'acquisition prend en garantie un nantissement sur le fonds de commerce (art. L142-1 à L142-5 C. com.), qui lui confère un droit de préférence sur le prix de revente en cas de défaillance du cessionnaire.

·Assiette du nantissement : enseigne, nom commercial, droit au bail, clientèle, matériels et outillages (sauf si exclus par acte)
·Inscription au greffe du tribunal de commerce obligatoire — opposabilité aux tiers à compter de l'inscription (art. L142-4 C. com.)
·Durée : 10 ans renouvelable — le nantissement doit être renouvelé avant expiration sous peine de caducité (art. L142-4 al. 2)
·En cas de non-paiement : le créancier nanti peut faire vendre le fonds aux enchères publiques après simple signification au débiteur (art. L143-1 C. com.)

Notre rôle dans le financement : nous rédigeons et publions l'acte de nantissement au greffe, gérons la coordination entre le financement bancaire et le calendrier de la procédure judiciaire, et veillons à la concordance entre le plan de financement et les conditions imposées par le tribunal (inaliénabilité art. L642-9, délai de paiement du prix). Nous assurons également la levée du privilège du vendeur et la radiation du nantissement une fois le prix intégralement réglé.

Vous êtes repreneur ou investisseur ?

Contactez-nous pour être informé en priorité des opportunités de rachat de fonds de commerce en liquidation judiciaire dans votre secteur et votre région. Nous vous accompagnons de la détection à la prise de possession.

Être alerté des opportunités →